La une des lecteursTous les blogsles top listes
Envoyer ce blog à un amiAvertir le modérateur

22.05.2011

Festival de Cannes: et demain?


cannes.jpg
«J'ai hâte que vous partiez, ouste!» C'est ce que m'a dit un Cannois ce matin, devant le Palais des Festivals.  [En fait ça donnait plutôt «J'ai hâteuh que vous partieing» avec l'accent cannois, que j'ai du mal à faire.]

Ils en ont ras-le-bol les Cannois, des parisiens, du cinéma, des barrières de police dans toutes les rues, des prix exorbitants concoctés juste pour le Festival, de la circulation infernale - même pour les Parisiens rompus au problème.

Déjà ce dimanche la Croisette se vide. Ca ressemble à une boîte de nuit vers 5H du matin. Il reste encore de la musique et plus grand monde pour danser. On est bien content d'avoir la piste pour soi et on est fatigué. On imagine Joey Starr embrasse Charlotte Gainsbourg Maïwenn, Vincent Lindon dans un film muet, Sean Penn devient Pape, Piccoli est une ancienne rock-star. On ne sait plus bien ce que l'on a vu, mais on sait que l'on est un peu (beaucoup) plus plein qu'en arrivant. On a les rétines saturées d'images qui glissent jusqu'à l'intérieur, comme si on avait été sous intraveineuse de sucre et de douleur, que l'on avait vécu beaucoup plus vite en onze jours.


Une époque difficile

On dit que Cannes est une bulle. C'est vrai. C'est vrai que vu d'ici, le scandale DSK avait un peu moins d'importance, que les tensions entre Netanyahou et Obama avaient moins de sens. Mais ce n'est pas une bulle en fer, en bronze (en or). C'est une bulle en verre: on voit le monde à travers, les scandales politiques, la sexualité et les révolutions. Beaucoup mieux que quand on est dedans d'ailleurs, on prend de la distance.

Le plus beau film peut-être finalement, celui qui montre le mieux notre époque, celui dont on sort «sur un nuage de barbapapa et de larmes» (selon l'expression d'une journaliste de Télérama), c'est un film qui n'était pas en compétition: Les Bien-Aimés, de Christophe Honoré. Ou comment le monde a changé en quelques générations. Comment l'amour est devenu compliqué. «Je n'étais pas une fille facile, c'est l'époque qui était facile» dit Catherine Deneuve. Et elle dit la complexité de celle d'aujourd'hui.

Demain retour à la réalité. Les fictions que l'on voit à Cannes ne sont pas moins vraies.

 

Charlotte

Palmarès de la compétition officielle: qui aura quoi?

Par In The Mood for Cannes

 

1972077850.jpg

C'est demain soir, déjà, à 19H15, dans le Grand Théâtre Lumière,  que sera délivré le palmarès de ce 64ème Festival de Cannes après onze jours dont je retiens une multitude d'émotions, réelles et cinématographiques, troublantes, indéfinissables, étourdissantes, grisantes, qu'il me faudra sans doute plusieurs jours pour rationaliser et donc autant de temps avant que vous en trouviez le récit complet ici, afin également que je trie mes centaines de photos, dizaines de vidéos et milliers de souvenirs et afin de vous donner la juste (dé)mesure de ce que j'ai vécu pendant ces 11 jours particulièrement intenses. Je ferai également un bilan thématique de ce Festival 2011.

L'actualité, elle , n'attend pas et, quoiqu'il arrive  demain, le palmarès de cette édition 2011 sera délivré, une édition dont je peux vous dire qu'elle a entièrement tenu ses promesses, celle d'une sélection particulièrement diversifiée et de très haut niveau, moins sombre que d'habitude (même si certains films, et non des moindres, l'étaient particulièrement) et qui, plus que jamais, a célébré le cinéma, tous les cinémas, sans oublier d'être en phase avec l'actualité (même si celle-ci, cette année, était encore plus cinématographique et invraisemblable que les films projetés pendant le festival au point qu'elle les a même un peu éclipsés).

A qui la Palme?

Mais l'actualité était aussi à Cannes, avec les déclarations pathétiques (un euphémisme, évidemment) de Lars Van Trier qui lui a valu son éviction du festival, mais heureusement pas celle de son film dont je vous ai déjà parlé brièvement ici (et plus longuement bientôt) qui pour moi fait partie de ceux qui mériteraient la palme d'or. Même si le festival a eu l'excellente idée de dissocier l'œuvre du cinéaste de ses propos, le jury pourra-t-il primer la première sans donner l'impression de minimiser les propos de Lars von Trier ? Cela me parait difficile étant donné les résonances politiques du Festival de Cannes.  N'ayant vu que la moitié des films de la compétition mes pronostics seront bien évidemment tronqués mais les films m'ayant laissé les plus fortes impressions et qui, selon moi, mériteraient la palme d'or sont :

-« Tree of life », le vertige sensoriel de Terrence Malick qui fait parfois surgir la grâce

- « Melancholia » de Lars von Trier (habitué du palmarès, palme d'or en 2000 avec « Dancer in the dark »), allégorie éblouissante, audacieuse, pessimiste et cruelle sur la mélancolie d'une beauté, d'une cruauté, d'une lucidité remarquables.

- « The Artist » de Michel Hazanavicius (un cinéaste au parcours et au style très différents des habituels « palmés »), film burlesque, inventif, humain, touchant, déclaration d'amour au cinéma, aux artistes, à leur orgueil et leur fragilité.

- « This must be the place » de Paolo Sorrentino (qui avait reçu le prix du jury en 2008 pour « Il Divo »), déjà lauréat du prix œcuménique, petit bijou de sensibilité et d'humour noir à l'interprétation (bouleversant, singulier et méconnaissable Sean Penn), la BO et la mise en scène remarquables. Un des rares films à m'avoir profondément émue.

« The Artist » serait sans doute le plus improbable pour une palme d'or, les jurys de ces dernières années ayant privilégié des films en résonance avec l'actualité, très différents de ce bel et atypique hommage au cinéma et aux artistes qui a réjoui les festivaliers.

-Ajout du dimanche 22 mai après avoir vu "Habemus Papam" de Moretti en séance de rattrapage, un film irrésistible qui présente le Vatican comme une sorte de théâtre absurde avec le pape le plus humain qui ait (ou plutôt qui n'ait pas ) existé. Un sérieux prétendant au grand prix ou au prix du scénario selon moi (davantage qu'au prix d'interprétation, Piccolo ayant une rude concurrence dans cette catégorie et la force du film étant avant tout son scénario, et sa mise en scène, davantage que son interprétation).

Les palmes «sociales»

La critique internationale, avec le prix Fipresci, a choisi de récompenser la fable sociale de Kaurismäki (le jury œcuménique lui a également attribué une mention spéciale) qui, si elle dégage un charme indéniable, ne m'a pas émue, charmée, impressionnée comme les films précédemment cités. Ce film entre davantage dans la lignée des palmes à caractère «social» remises ces dernières années.

« Le Gamin au vélo » des frères Dardenne a été unanimement bien accueilli par les festivaliers mais, à mon avis, ne devrait pas valoir une troisième palme d'or aux Dardenne, étant selon moi en-deçà de leurs précédents films, et certes plus « grand public ».

Tilda Swinton revient souvent citée parmi les prétendantes au nom de meilleure actrice d'ailleurs moins nombreuses que les prétendants au titre de meilleur acteur (Sean Penn qui, une nouvelle fois,  m'a époustouflée,-pourra-t-il recevoir - à nouveau le prix d'interprétation ? Pourquoi pas Michel Piccoli dans le film de Morretti? Pourquoi pas Vincent Lindon ET Alain Cavalier pour leur travail d'improvisation ? ).

Les prix ex-aquo ou collectifs sont également à la mode, pourquoi pas deux prix d'interprétation masculine pour deux films très différents : Sean Penn et l'acteur de « Michael » (Michael Fuith) ? Michel Piccoli et Jean Dujardin ? Alain Cavalier et Vincent Lindon donc (manière de récompenser aussi le travail du cinéaste et le parti pris de son film ?  Ou un acteur moins attendu au jeu délibérément théâtral : André Wilms (dans « Le Havre ») ?

La sélection française a d'ailleurs déjà gagné à l'applaudimètre qu'il s'agisse de « Polisse », « Pater » (que j'ai malheureusement manqué), ou « The Artist » (dont je vous ai raconté l'accueil exceptionnel lors de la séance officielle).

La maîtrise d'Almodovar dans ce film qui a déstabilisé ses inconditionnels, « La Piel que habito » mais qui n'en est pas moins aussi « horrible » que fascinant ne devrait pas être celui qui lui permettra enfin de décrocher cette palme d'or qu'il convoite toujours malgré ses nombreuses récompenses cannoises mais pourrait lui valoir un grand prix, un prix d'interprétation féminine pour Elena Anaya, ou masculine pour Antonio Banderas. Il mériterait en tout cas, encore une fois, une place au palmarès.

Je verrais bien « Michael » recevoir le prix du jury ou de la caméra d'or, étonnant premier film, qui dissèque presque cliniquement la vie d'un pédophile, en parvenant avec beaucoup de talent, à ne jamais le rendre sympathique. Un film comme « Footnote », injustement méprisé par les festivaliers, pourrait également recevoir ce prix.

« Polisse » est souvent cité comme susceptible de recevoir le Grand prix. Il pourrait également recevoir le prix scénario pour le travail réalisé en amont. Ou pourquoi pas « The Artist » pour  Le Grand prix  avec, comme palme d'or, un film plus âpre ou pessimiste, mettant ainsi en valeur la diversité du festival ? Pour ma part, comme pour « Polisse », je lui décernerais plutôt le prix du scénario.

Je précise encore une fois que je n'ai vu que la moitié des films en compétition... d'où le caractère approximatif de ces pronostics et commentaires.

Réponse demain soir pour savoir quel film aura choisi le jury de Robert De Niro comme successeur d' « Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures »d'Apichatpong Weerasethakul.

Voici les prix qui seront décernés demain soir (exception faîte d'éventuels prix spéciaux). Vous retrouverez bien entendu ici le palmarès détaillé dès demain soir et, mercredi ou jeudi, mon bilan détaillé de ce festival 2011, avec de nombreuses photos à l'appui.

Palme d'Or

Grand Prix

Prix de la mise en scène

Prix du Jury

Prix d'interprétation masculine

Prix d'interprétation féminine

Prix du scénario

COURTS METRAGES EN COMPETITION

Palme d'Or

Prix du Jury

CAMERA D'OR

 

Palmarès de la section «Un Certain Regard» du Festival de Cannes 2011

Par In The Mood for Cannes

 

kimkiduk.jpg
Samedi soir, dans le théâtre Debussy, était délivré le palmarès Un Certain Regard de ce Festival de Cannes 2011, une soirée moins informelle que la remise de prix de la compétition officielle, le tout présenté par un Thierry Frémaux toujours aussi enthousiaste - même après 11 jours de festival- et qui partage avec Gilles Jacob , outre la passion du cinéma, un véritable sens de l'humour.

C'est Kusturica, réalisateur présentant la particularité d'avoir deux fois reçu la palme d'or à Cannes qui, le premier, a pris la parole évoquant avec humour ses 25 ans de Festival de Cannes sans jamais y voir un seul film: "Depuis 25 ans que je viens ici, je n'ai jamais vu un seul film", "Un Certain Regard est vraiment une bonne section", a-t-il ajouté. Le jury a remis cette année deux prix Ex-aquo pour le prix Un Certain Regard, à Andreas Dresen et à Kim Ki Duk qui a chanté une chanson du film pour l'occasion (sous le regard interloqué de Kusturica). Mohammad Rasoulof a reçu le prix de la mise en scène.

Le film d'Andrey Zvyagintsev, Elena, récompensé d'un prix spécial était projeté en clôture, en voici le synopsis:

Elena et Vladimir forment un couple d'un certain âge. Ils sont issus de milieux sociaux différents. Vladimir est un homme riche et froid, Elena une femme modeste et docile. Ils se sont rencontrés tard dans la vie et chacun a un enfant d'un précédent mariage.
Le fils d'Elena, au chômage, ne parvient pas à subvenir aux besoins de sa propre famille et demande sans cesse de l'argent à sa mère. La fille de Vladimir est une jeune femme négligente, un peu bohème, qui maintient son père à distance.
Suite à un malaise cardiaque, Vladimir est hospitalisé. A la clinique, il réalise qu'il pourrait mourir prochainement. Un moment bref mais tendre, partagé avec sa fille le conduit à une décision importante : c'est elle qui héritera de toute sa fortune. De retour à la maison, Vladimir l'annonce à Elena. Celle-ci voit soudain s'effondrer tout espoir d'aider financièrement son fils.
La femme au foyer timide et soumise élabore alors un plan pour offrir à son fils et ses petits-enfants une vraie chance dans la vie.

Un Certain Regard 2011 a proposé 21 films réalisés par 22 réalisateurs venus de 19 pays différents. Deux d'entre eux sont des premiers films.

Je vous reparlerai de ce film d'une rigueur mélancolique aussi bien dans le fond que dans la forme qui obéissent à la même logique froide, implacable, mais reflètant aussi un regard d'une profonde humanité.

Présidé par Emir KUSTURICA (Réalisateur, acteur et musicien - Serbie), le Jury était composé de : Elodie BOUCHEZ (Actrice - France), Peter BRADSHAW (Critique-The Guardian - Royaume Uni), Geoffrey GILMORE (Directeur artistique-Tribeca Enterprises - Etats-Unis), Daniela MICHEL (Directrice du Festival de Morelia - Mexique).

PRIX UN CERTAIN REGARD Ex-æquo

ARIRANG de KIM Ki-Duk

HALT AUF FREIER STRECKE (Arrêt en pleine voie) d'Andreas DRESEN

PRIX SPECIAL DU JURY

ELENA d'Andrey ZVYAGINTSEV

PRIX DE LA MISE EN SCENE

BÉ OMID É DIDAR (Au revoir) de Mohammad RASOULOF

Le cinéma d'art et d'essai parisien le Reflet Médicis accueillera les films de la Sélection officielle 2011 sélectionnés à Un Certain Regard du mercredi 25 mai au mardi 31 mai 2011.

Crédit photo: Le réalisateur sud-coréen Kim Ki-Duk à Cannes, le 13 mai 2011. AFP PHOTO / ANNE-CHRISTINE POUJOULAT

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu